Vendredi, j'ai testé pour vous « la France qui se lève tôt », histoire de faire plaisir à Président Sarko. Surtout ne lui dites pas que « La France qui se lève tôt » est belge et bosse en Suisse, je risquerais de me voir offrir une reconduite à la frontière belge, en charter, entourée par 2 CRS et ponctuée d'un « casse toi pauvre conne » de circonstance ! Notez, ça me permettrait de rentrer voir les amis pour pas cher, il faut toujours voir le bon côté des choses (= méthode James ®).
Vendredi, donc, James qui, quand il ne fait pas dans les méthodes psychologiques qui se vendent bien, est aussi, à ses heures perdues, mon chauffeur. James devant se rendre à Lausanne aux aurores, je me suis retrouvée à Genève à l'aube des aurores, autant vous dire en fin de nuit quoi : il était 6h 35. Ce qui situe le réveil vers 5h15 ! Et bien, je peux vous dire désormais que si quand il est 5h, Paris s'éveille, à 6h35, Genève dort encore sur ses deux oreilles, rive droite comme rive gauche ! Premier réflexe : combler un besoin vital élémentaire : prendre son petit-déjeuner. Parce qu'autant vous dire que débarquer au Musée à 6h35 sans déclencher les alarmes et se voir suspectée d'avoir voulu dérober la première convention de Genève qui dort sagement dans sa vitrine, relève de la mission impossible et est certainement passible de la peine de mort. Je laisse donc ce genre de défit à Tom Cruise. Moi, à 6h35 et sans petit-déjeuner, je baigne déjà en plein challenge, le premier de la journée ayant été d'être à l'heure pour le départ de la Jamesmobile en gare de Taninges à 6h, mission accomplie avec brio...mais toujours sans brioche et, là, il est temps d'agir, mon estomac crie bientôt au point de réveiller les vaillants Genevois et je risque de me prendre une marmite sur le coin de la cafetière ! (Oui, c'est historique, comme quand ,dans Tintin, lama fâché lui toujours faire comme ça, le Genevois, pareil, quand il est réveillé par un Savoyard, même belge, en pleine nuit, il lui file des grands coups de marmite sur la tête www.compagniede1602.ch). Je me dirige instinctivement vers « Le Pain Quotidien » du boulevard Helvétique, petit havre belge de la tartine au choco et de la couque suisse (enfin, escargot aux raisins pour les locaux). Il y de la lumière, ce que je prends d'emblée pour un signe encourageant. Je pousse la porte. Le tenancier me sert l'accueil froid réservé aux intrus de la première heure, plus connu sous le terme du « supplice du croissant ». Je me trouve nez à nez avec un étal de viennoiseries à faire saliver une limace en pleine compétition de salade, assorti d'une pénalité de 25 minutes : « Désolé, nous sommes fermés, on ouvre à 7h ». Je ressors donc dépitée de la boutique, ce n'est pas « Le Pain Quotidien » qui me donnera mon pain de ce jour, il ne m'a pas pardonné mon offense de 6h35, par contre il m'a bien soumise à la tentation et ne m'a pas délivrée du mal à l'estomac qui me somme de trouver fissa une solution. Je me précipite au dehors et me mets à battre le pavé de la rue de Rive, suivie de la rue de la Croix d'Or, puis de la rue du Marché et enfin de la rue de la Confédération (4 noms pour la même rue, ça m'interpelle depuis 3 ans et jamais je n'ai eu le quarté dans le bon ordre). Je me fais plein de nouveaux amis au passage : éboueurs, balayeurs et laveurs de vitres me saluent tous à l'unisson, tout n'est pas perdu (positive attitude quand tu nous tiens !). Je traverse le pont de la Machine et jette un ½il aux locataires du Leman. Ca roupille sérieux ! Les cygnes font la grasse mat' dans leurs plumes. Après tout, il y a pas le feu au lac ou bien ?! Pas de touriste, pas de parade ! Je passe devant la Cité du Temps et, au même moment, le carillon de St Pierre m'annonce qu'il est 7h. It's B Time, B for Breakfast et je suis condamnée au Starbucks Coffee, son demi-litre de cappuccino à l'américaine et surtout à 7 balles, son croissant synthétique et son petit pain au chocolat lyophilisé. Pas trop le temps de faire la fine bouche, je suis victime d'une prise d'otage gastrique, mon estomac ayant annexé mon espace corporel jusque dans les talons. 7h05, grâce à mes armes de collation rapide, mon cerveau reprend petit à petit le dessus sur son agresseur. Inclus dans le prix du café, j'ai droit à une place côté hublot avec vue sur le lac. Les premiers joggeurs se risquent le long des berges, ça va des grandes enjambées pour les plus motivés aux petites foulées pour les moins réveillés. Pendant ce temps-là, je lis tranquillement mon « 20 minutes ». Privilège du lève-tôt, à 6h45, il y a encore plein de journaux gratuits dans les boîtes prévues à cet usage. A cette heure-là, on a même encore le choix, « je prends un 20 Minutes ou je prends un Matin Bleu ? ». A cette heure-là, on a même encore le temps d'hésiter une minute. A cette heure-là, on peut même prendre les deux ! Et si ça ne suffisait pas, pour le prix du cappuccino, Starbucks met « La Tribune de Genève » et « Le Temps » à la disposition de ses heureux clients, ou, pour l'heure, de son unique heureuse cliente, moi.
Arrivée en fin de ligne d'un article situé sur la page de gauche, mes yeux tombent par hasard sur le cadran de ma montre :7h30. Il va être l'heure de prendre le bus direction boulot. Je me connais, canapé confortable + cappuccino + p'tits potins de la gazette + coup de pompe du matin = risque élevé d'arriver en retard au boulot. Ce serait le comble, ça ! Dans le bus aussi il reste des gratuits et plein de places assises. Décidément, c'est grand luxe ce matin, en plus, grâce au trajet que j'ai déjà parcouru à pieds, mon temps de parcours se limite maintenant à 12 minutes chrono (et ici, ils s'y connaissent en chrono, attention !). Résultat : Arrivée au boulot à 7h50, avant mes collègues et mieux, avant Monsieur le Directeur, et toc ! Cela dit, à la gare, en plus de mon bus, j'ai dû prendre 2 valises par mégarde et me les poser sous les yeux, vu l'air ébahi de mes collègues qui m'ont tous demandé si j'étais tombée de mon lit ? La réponse est oui, et l'exploit est d'autant plus remarquable que nous avons investi récemment dans de nouveaux matelas « Tempur » qui rendent les nuits plus douces, le réveil plus douillet et, cqfd, la séparation plus déchirante que jamais !
A bientôt pour de nouvelles aventures ;-)
Bise Lémanique
Ariane






